Alors que les Américains commencent à réaliser que le futur de la guerre
qu’ils imaginaient ressemble chaque jour davantage aux guerres
coloniales d’hier, en tout cas en Irak, les thèses culturalistes
reprennent progressivement le dessus sur des conceptions purement
clausewitziennes des conflits armés et de leur avatar, la technologie à
tout crin. La « guerre réseau-centrée », qui devait abolir l’espace et
tirer un trait sur nos armées de masse, a connu l’échec en Afghanistan
et en Irak ; car s’il s’agit bien de s’appuyer sur des réseaux pour
conduire nos guerres contre le terrorisme, ce ne sont sans doute pas
ceux que les théoriciens de la « révolution des affaires militaires »
envisageaient.



